Simple, double ou triple vitrage : que choisir ?

Un choix pas si simple

femme regardant par la fenêtre

Le choix d’une nouvelle fenêtre ne se fait pas à la légère, en particulier quand environ 30 à 40 % des déperditions de chaleur s’effectuent via les murs, notamment par les fenêtres. De nombreux paramètres vont entrer en ligne de compte lors de la sélection du produit approprié : Dans quelle pièce allez-vous placer ces nouvelles vitres ? Est-elle exposée plein sud ? Y a-t-il des problèmes d’isolation ? Vivez-vous dans une zone bruyante ? En répondant à toutes ces questions, votre artisan vitrier pourra vous orienter vers le simple, le double ou encore le triple.

Composition, points forts et caractéristiques, cet article vous donne tous les détails sur les différents types de vitrage existants. Vous saurez dès lors dans quelles conditions les privilégier pour votre maison.

 

Composition de vos vitres

Avant d’exposer les caractéristiques des trois produits, il convient de les différencier et cela commence par la manière dont ils sont fabriqués. Le verre est fabriqué à partir de quatre ingrédients de base :

  • la silice, un minéral que l’on trouve dans le sable ;
  • le calcin, produit à partir de verre recyclé et broyé ;
  • les fondants, de la soude, de la potasse ou encore de la chaux selon les cas ;
  • et enfin de l’eau.

Ces ingrédients doivent entrer en fusion, une opération qui requiert de les monter à une température d’au moins 1 550°C. Il faut ensuite couler ce mélange, l’étirer et le faire refroidir, c’est ce que les vitriers appellent le float. Enfin, la vitre ainsi conçue passera dans des rouleaux métalliques qui lui donneront son épaisseur finale. À ce stade, le verre peut toujours être découpé selon les dimensions désirées par le client.

Dans le cas du double vitrage, il y a, comme le nom l’indique, deux épaisseurs de verre, mais ce qui fait sa spécificité, c’est surtout la couche d’air sec qui les sépare. Bien qu’absolument invisible, celle-ci améliore considérablement l’isolation thermique. L’épaisseur du verre, quant à elle, est déterminante pour l’efficacité de la barrière acoustique.

Enfin, le triple vitrage se compose de trois couches de verre entre lesquelles il y a un vide empli de gaz rares tels que l’argon, le krypton ou le xénon. Chacun de ces éléments apporte des propriétés isolantes différentes, comme le détaille la section suivante de cet article.

Des propriétés isolantes

Ainsi, chacune de ces technologies dispose d’atouts propres. Seulement, pour une maison, c’est bien souvent l’isolation qui figure en haut de la liste des priorités. Pour éviter les pertes de chaleur dans les habitations – et la facture de chauffage qui les accompagne –, il faut se tourner vers les produits les plus performants. C’est pourquoi chacun de ces articles indique normalement une valeur Ug (g pour glass) qui renseigne le consommateur sur son pouvoir isolant. Aussi appelée coefficient de transmission thermique, la valeur Ug est un marqueur de conductivité, ce qui veut dire que plus elle est basse, plus elle protège contre le froid. Elle se calcule en quantité d’énergie (en l’occurrence, de chaleur) traversant une surface donnée par unité de temps.

Quelle que soit son épaisseur, un simple vitrage a une valeur Ug égale à 6 W/m²K, ce qui est très élevé. Par contre, il offre une bonne isolation acoustique, bien meilleure qu’un double vitrage aux couches de verre fines qui pourtant offre une valeur Ug de 1,9 à 1,6 W/m²K (certains modèles, dits « à isolation renforcée » peuvent même atteindre un coefficient égal à 1). Combinée à un bon châssis, cette technologie est donc suffisante pour éviter l’entrée du froid en hiver et celle de la chaleur en été et ainsi profiter d’un excellent confort chez soi.

Toutefois, c’est bel et bien le triple vitrage qui fait montre des meilleures performances à cet égard. Il dispose- en général d’une valeur Ug entre 0,8 et 0,6 W/m²K, mais les vitres conçues à partir de krypton – plus chères – peuvent descendre jusqu’à 0,4 W/m²K.

Au niveau du bruit, c’est l’épaisseur du verre qui fera office de barrière. Une fenêtre conçue à partir de 2 ou 3 couches de verre pouvant vite s’avérer lourde et épaisse, il faudra donc disposer d’un châssis capable de supporter un tel poids.

 

Où placer ces vitrages ?

Afin d’améliorer les performances énergétiques des foyers belges, il est déjà prévu en Belgique que toute nouvelle habitation soit équipée au moins d’un vitrage double afin de répondre aux normes d’isolation. La règle veut que la valeur Uw (c’est-à-dire le vitrage et le châssis compris) soit de 1,5 W/m²K. Cette loi devrait aider les ménages ainsi que les entreprises à consommer moins d’énergie pour chauffer respectivement leur domicile et leurs locaux professionnels. Bon à savoir, la Flandre a récemment décidé d’aller plus loin et impose à tous ses citoyens de procéder à un remplacement de ses simples vitrages par du double, y compris dans les anciennes constructions.

Cependant, il n’est pas forcément nécessaire de changer toutes les fenêtres de votre habitation. L’injonction quant aux performances énergétiques concerne essentiellement les pièces à vivre chauffées. Ne sont dès lors pas concernés les cages d’escaliers, les halls d’entrée, les vérandas… De même, des portes vitrées séparant les différentes pièces de votre habitation pourront se contenter d’un simple vitrage.

L’autre critère à prendre en compte est l’exposition à la chaleur, car, qui dit meilleure isolation, dit aussi moins de récupération de la chaleur du soleil. Or une pièce souvent exposée au soleil en hiver peut naturellement bénéficier du rayonnement solaire et limiter par là même le recours au chauffage.

Enfin, si vous habitez près de grands axes routiers ou d’un aéroport, il sera sûrement plus important de faire attention à l’isolation acoustique que promettent vos fenêtres. Demandez dans ce cas à votre vitrier d’augmenter l’épaisseur de chaque plaque de verre.

 

Coût

De par sa technologie moins avancée, le simple vitrage est le meilleur marché. Il faudra compter entre 65 et 80 € du mètre carré, en fonction de l’épaisseur du produit désiré bien entendu. Le double vitrage, lui, oscille en général entre 70 et 250 € par mètre carré. Comme celui-ci peut être renforcé par des doublures antieffraction ou des lames en argon, ces fenêtres peuvent parfois monter jusqu’à 350 €. Enfin, le triple vitrage coûte au minimum 100 € au mètre carré et peut lui aussi monter jusqu’à 350 €.

Pour les ménages ne disposant pas de ce budget, il reste toujours la possibilité du survitrage qui consiste à ajouter un verre supplémentaire ou un film par-dessus vos carreaux existants. Ces solutions étant généralement temporaires, vous pourriez aussi vous renseigner sur l’existence de primes auprès de votre vitrier.

 

En résumé

Au final, plusieurs paramètres influenceront votre choix :

  • La proximité d’une zone à trafic automobile ou aérien dense ou la localisation dans une zone urbaine où il faut par conséquent limiter les nuisances sonores ;
  • La menuiserie à équiper et sa localisation au sein de la maison (intérieur, extérieur, côté jardin ou rue…) ;
  • La sécurité désirée ;
  • Le budget que vous êtes prêt à allouer (en sachant qu’il faudra peut-être compter le prix d’un nouveau châssis à même de supporter vos nouvelles vitres) ;
  • Les éventuels soucis de condensation.